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Dans quel train le PQ est-il monté ?

Logo du Parti québécois (PQ) sur un panneau, avec un train en arrière-plan dans une gare

Annonces précipitées et improvisation visible

Paul St‑Pierre Plamondon aime fustiger l’improvisation. Or cette semaine, son parti a donné l’impression de l’appliquer à la lettre au dossier du TGV — et pas sur un petit chantier : sur un projet de dizaines de milliards qui s’étalerait sur près de deux décennies.

Annonce publique et absence de consultation municipale

Le PQ a annoncé une position brutale, prise à la va‑vite. Joël Arsenault, premier à la porter publiquement, avait l’air de marcher sur un fil. Les grandes villes concernées — les maires — n’avaient même pas été consultées avant l’annonce. Le PQ a annoncé sa position sur le TGV sans consulter les maires des grandes villes concernées.

Chiffres repris sans nuance et manque de préparation

Le volet financier a surtout trahi le manque de préparation. Le parti a repris comme un fait le chiffre de 200 milliards pour le coût global, et présenté l’idée que le Québec pourrait récupérer environ 40 milliards. Le chiffre de 200 milliards a été avancé comme coût; le Québec y serait censé contribuer 40 milliards. Ces montants font sensation, mais ils ont été traités comme des preuves plutôt que comme des estimations à vérifier.

Il y a là deux erreurs liées. D’une part, colporter un montant‑choc sans nuance fragilise la crédibilité du message. D’autre part, laisser entendre que le Québec « récupérerait » sa part via une compensation si le projet était bloqué est irréaliste : si la province refuse, le projet ne se fera tout simplement pas, point final. On n’« encaisse » pas 40 milliards en guise de consolation.

Une lame à double tranchant pour l’opposition

Le problème dépasse la simple gaffe. Un dossier qui court sur quinze ans devient une lame à double tranchant pour l’opposition. Si le projet s’enlise dans les retards, les dépassements et les scandales, le PQ pourra se targuer d’avoir eu raison. Si, au contraire, des sections, des gares et des trains voient le jour, chaque ouverture sera une occasion de rappeler la position du parti — et ce souvenir peut coller aux bottes pendant des mandats.

L’histoire donne un exemple qui pèse : au début des années 1970, le Parti québécois avait envisagé des centrales nucléaires alors que la Baie‑James se construisait. Vingt ans plus tard, les adversaires politiques utilisaient ce flirt énergétique pour embarrasser le parti au moment des débats sur l’énergie. La mémoire politique est tenace.

Une décision claire à prendre

Paul St‑Pierre Plamondon a donc une décision à prendre : préciser, corriger ou tenir bon. S’il veut conserver sa posture d’exigeant de la méthode, il doit montrer qu’il maîtrise ce dossier — pas seulement le dénoncer à chaud. Dans ce contexte, une position publique sur un chantier de cette ampleur mérite plus de préparation que d’improvisation.

Publié le : 13 juin 2026
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