Rosalía Iglesias rend compte de sa fatigue et d’un changement troublant
Ce lundi 20 avril 2026, à l'Audiencia Nacional de Madrid, Rosalía Iglesias est montée à la barre et a commencé par une phrase simple : elle se sentait « un peu plus fatiguée et avec moins de force » qu’au matin. Rapidement, elle a recentré son témoignage sur un point concret et troublant : le changement d’attitude du chauffeur de la famille, Sergio Ríos, après l’entrée en détention préventive de son mari, Luis Bárcenas, en 2013.
Le procès Kitchen et les accusations contre le Partido Popular
Le procès Kitchen, qui se tient à l’Audiencia Nacional, met en cause des pratiques d’espionnage et de disparition de preuves autour du Partido Popular. Sergio Ríos est accusé d’avoir espionné ses employeurs et d’avoir volé du matériel compromettant pour le parti, en échange de paiements imputés à des fonds réservés. Pour Iglesias, Ríos était « un de la famille » — jusqu’à ce que tout bascule.
Comportements contradictoires du chauffeur selon le témoignage
Au début, raconte-t-elle, le chauffeur affichait une attitude protectrice ; puis il est devenu nerveux. « Il était très nerveux, il conduisait de façon plus brusque », a expliqué Rosalía Iglesias.
Parfois, après ses visites à la prison de Soto del Real, elle est sortie et le véhicule n’était pas là pour l’attendre. Quand elle demandait des explications, les réponses étaient confuses, « pas cohérentes », résume-t-elle.
Elle a aussi relevé un changement de comportement plus insidieux : un intérêt excessif pour ses rencontres. Ríos aurait voulu l’accompagner partout, savoir qui elle voyait, comme s’il cherchait à contrôler ses contacts.
Ces petits gestes, répétés, ont contribué à rendre une période qu’elle qualifie de « dévastatrice et terrible » encore plus pesante pour la famille.
Enregistrements évoqués et noms de dirigeants cités
Autre volet sensible de l’audience : la question des enregistrements. Interrogée, Rosalía Iglesias a admis que son mari lui avait parlé, à l’occasion, de bandes impliquant l’ex‑président du gouvernement Mariano Rajoy et le sénateur du PP Javier Arenas.
Elle a été formelle : elle ne les a jamais entendues et n’a jamais su où elles se trouvaient. « Dans l’effort de mon mari pour me protéger, il ne me l’aurait jamais dit », a-t‑elle indiqué.
Parallèlement aux déclarations d’Iglesias, Luis Bárcenas a confirmé que l’abréviation « M.R. » faisait référence à Mariano Rajoy et a reconnu avoir donné l’ordre de « détruire un petit enregistrement » le concernant. Ces éléments ramènent au cœur du dossier l’hypothèse d’une opération visant à récupérer — puis éliminer — des preuves gênantes pour des dirigeants du parti.
Une semaine décisive pour les protagonistes et la perception du dossier
La semaine s’annonce cruciale pour la suite du procès Kitchen : parmi les témoins et les pièces, les noms de Bárcenas, d’Iglesias et de Rajoy restent au centre des débats, et chaque détail de comportement ou de message peut modifier la perception de ce qui s’est joué il y a plus d’une décennie.
