À Yerres, 12 enfants cachés dans une voiture lors du contrôle d’une MAM : ce que l’on sait de la crèche illégale
Une scène décrite comme « innommable » et « sidérante » a été mise au jour à Yerres (Essonne) lors d’un contrôle surprise des services de la Protection maternelle et infantile (PMI) : des enfants, dont des nourrissons, dissimulés dans le noir à l’intérieur d’une voiture, au sous-sol d’une maison servant de maison d’assistantes maternelles (MAM). Deux assistantes maternelles sont mises en cause et seront jugées le 22 septembre au tribunal judiciaire d’Évry.

Ce qui s’est passé le 16 juillet à Yerres
Les faits se déroulent le jeudi 16 juillet 2026 dans un pavillon de Yerres, dans un quartier pavillonnaire. Des agents de la PMI se présentent pour un contrôle inopiné dans une maison aménagée pour l’accueil d’enfants, identifiée comme une maison d’assistantes maternelles.
Face aux difficultés pour accéder à l’ensemble des pièces, la police municipale intervient. C’est en insistant pour ouvrir une porte menant au garage/sous-sol que la découverte est faite : une douzaine d’enfants sont retrouvés enfermés dans une voiture, dans le noir. Le maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan, raconte que la porte donnant sur le garage était fermée à clé et que l’explication donnée pour justifier cette fermeture était mensongère.
Les sources convergent sur un point central : 12 enfants, dont les plus jeunes avaient quelques mois, ont été placés dans le véhicule afin de dissimuler leur présence lors du contrôle. En revanche, elles divergent sur l’ampleur totale de la sur-occupation : France 3 évoque 17 enfants présents au total dans la maison ce jour-là, quand d’autres récits détaillent la présence de cinq enfants « visibles » à l’intérieur, en plus des 12 cachés, soit également 17.
Une structure sous surveillance, des agréments au cœur du dossier
L’accueil d’enfants était organisé dans une MAM identifiée comme « L’Atelier des Petits », située rue des Amandiers, à environ dix minutes de la gare SNCF de Yerres (information donnée dans la presse locale). Le dispositif MAM permet à des assistantes maternelles de se regrouper et d’exercer dans un même lieu, avec des règles et des agréments stricts.
Sur le plan administratif, la situation apparaît particulièrement sensible : les éléments communiqués indiquent que la structure n’était pas autorisée à accueillir un tel nombre d’enfants. Un point fait toutefois l’objet de versions différentes selon les sources :
- une version indique une autorisation limitée à quatre enfants ;
- une autre mentionne une capacité de huit enfants (au moins sur le papier, selon la présentation de la MAM) ;
- France 3 parle de deux assistantes maternelles disposant d’un agrément (suspendu pour l’une) « pour la garde de huit enfants ».
Au-delà de ces divergences de détail, toutes les sources s’accordent sur la présence d’un agrément suspendu et sur l’irrégularité de l’accueil ce jour-là.
Les services sociaux avaient, par ailleurs, des soupçons antérieurs. Il est fait état de signalements et d’une attention particulière de la PMI, notamment après des soupçons de maltraitance sur un bébé ayant conduit à la suspension d’un agrément.
Les mises en cause, les infractions reprochées et la date du procès
Deux assistantes maternelles, âgées de 48 ans et 41 ans, sont au centre de la procédure. Elles ont été placées en garde à vue puis mises en examen et placées sous contrôle judiciaire.
Le parquet d’Évry retient notamment (formulation judiciaire) : l’accueil, moyennant rémunération, de mineurs malgré une décision de refus/suspension/retrait d’agrément, et la mise en danger de 12 mineurs âgés entre 4 mois et 7 ans en les « parquant dans un véhicule » pour les dissimuler à un contrôle. Une seconde infraction est également mentionnée pour l’une d’elles : un délit de détention de marchandises présentées sous une marque contrefaisante.
Concernant l’âge des enfants, des écarts apparaissent selon les récits : certains évoquent des enfants de 4 mois à 7 ans (cadre judiciaire), d’autres indiquent 2 mois à 8 ans et citent la présence de deux nourrissons de deux mois. Le cœur du dossier judiciaire, lui, retient la tranche 4 mois–7 ans pour les 12 enfants concernés par la dissimulation dans le véhicule.
Initialement, une comparution immédiate était envisagée. Le procès a été renvoyé : il est fixé au 22 septembre à 13h30 devant le tribunal judiciaire d’Évry (10e chambre correctionnelle, selon France 3). Les deux prévenues ont demandé un délai pour préparer leur défense.
Conséquences concrètes pour les familles et pour les Franciliens
Sur place, les familles concernées ont été accompagnées « dès les premiers instants » et des mesures de protection ont été prises. Le Département a porté plainte. La structure a été fermée, d’après les informations disponibles.
Pour les parents en Île-de-France, l’affaire met en lumière deux réalités très concrètes :
- la tension persistante autour des modes de garde (crèches, assistantes maternelles, MAM) qui peut pousser des familles vers des solutions insuffisamment transparentes ;
- l’importance des contrôles PMI et des signalements quand un accueil paraît anormal (accès limité au domicile, impossibilité de visiter, dépôt/reprise dans un sas, nombre d’enfants difficile à estimer).
Des témoignages indiquent que certains parents n’auraient jamais vu l’intérieur de la maison et que les échanges se faisaient dans un espace d’entrée, ce qui peut constituer un signal d’alerte lorsque cela devient systématique.
Infos pratiques : où ça se situe et ce qu’il faut retenir
Lieu : Yerres (Essonne), pavillon situé rue des Amandiers (MAM « L’Atelier des Petits »). La zone est indiquée comme étant à une dizaine de minutes de la gare SNCF de Yerres.
Date des faits : jeudi 16 juillet 2026.
Ce qui a été découvert : 12 enfants enfermés dans une voiture au sous-sol/garage, dans le noir, pour être dissimulés lors d’un contrôle.
Suite judiciaire : deux assistantes maternelles (41 et 48 ans) mises en examen, sous contrôle judiciaire (interdiction de contact entre elles et d’exercer en contact habituel avec des mineurs). Audience le 22 septembre au tribunal judiciaire d’Évry.
Point à noter : le nombre total d’enfants présents dans la maison (au-delà des 12 cachés) et la capacité exacte autorisée (4 ou 8) varient selon les informations publiées ; le parquet insiste, lui, sur la mise en danger de 12 mineurs dissimulés dans un véhicule et sur la question de l’agrément suspendu.
Sources
- franceinfo IDF — Crèche illégale à Yerres : 12 enfants retrouvés entassés dans une voiture
- France 3 Paris IDF — "C'est la sidération" : 12 enfants parqués dans un garage fermé à clé, une activité de crèche illégale stoppée par la police
- actu.fr IDF — "Innommable" : 12 enfants, dont des bébés, retrouvés enfermés dans une voiture lors du contrôle d'une crèche en Essonne
- 20 Minutes Paris — Essonne : 12 enfants retrouvés entassés dans une voiture au sous-sol d’une crèche illégale
Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.