Affaire des Buttes-Chaumont : au procès, les témoignages détaillent la découverte du corps d’Assia et la version de l’accusé
À la cour d’assises de Paris, le procès de l’« affaire des Buttes-Chaumont » replonge l’audience dans une chronologie glaçante : la découverte de sacs-poubelle dans le parc du 19e arrondissement, l’identification d’Assia, et le récit de son mari, accusé de l’avoir tuée puis démembrée avant de disperser les morceaux à Paris et à Bobigny. En sept jours d’audience, la cour a choisi de ne pas diffuser de photos du corps ; mais les témoignages, eux, détaillent ce que les enquêteurs, les agents municipaux et l’accusé décrivent comme l’enchaînement des faits autour du 30 janvier 2023.
Un procès à Paris, une affaire entre le 19e et la Seine-Saint-Denis
Lakhdar M. (également nommé Lakhdar Matoug dans une autre source) est jugé devant la cour d’assises de Paris pour le meurtre de sa femme, Assia. L’affaire doit son nom au parc des Buttes-Chaumont (19e), où des parties du corps ont été retrouvées. D’autres éléments, dont le tronc, ont été découverts dans une friche industrielle à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Dès l’ouverture du procès, le président de la cour a posé un cadre : « Il n’y aura pas de photos du corps diffusées. Nous avons considéré que cela ne servait en rien la manifestation des débats ». En revanche, des images des sacs-poubelle ont été projetées à l’audience, suscitant une vive émotion sur le banc des parties civiles, au point que la sœur de la victime a quitté la salle en sanglots au moment de la projection.
La découverte dans le parc : “Je croyais que c’était de la viande”
Les audiences ont notamment entendu des agents municipaux et des enquêteurs revenir sur les toutes premières heures. Un jardinier, entendu à la barre, a raconté sa tournée matinale au parc et la découverte d’un sac-poubelle accroché à des branchages près d’un lieu où est déposé du bois broyé. Son collègue aurait tiré le sac, qui se serait ouvert. Le témoin décrit ensuite l’arrivée des forces de l’ordre et dit avoir vu « le bassin » après l’ouverture du sac. Son expression, restée dans la salle : « Je croyais que c’était de la viande ».
Le même témoin a insisté sur un détail sensoriel marquant : il dit ne pas avoir senti d’odeur et décrit un état de conservation « très bien ». À l’audience, des policiers de la brigade criminelle ont expliqué s’être interrogés sur une possible congélation, avant d’évoquer une autre piste liée aux conditions météo au moment des faits, avec des températures oscillant entre 1 et 3 degrés.
Les enquêteurs ont reconstitué la dispersion des restes : deux parties retrouvées au parc des Buttes-Chaumont, et le tronc dans une friche industrielle à Bobigny. Cette géographie Paris–Seine-Saint-Denis est au cœur du dossier, car elle structure à la fois l’enquête (déplacements, dépôts, repérages) et la façon dont l’affaire a été découverte par des agents du quotidien.
Ce que dit l’accusé : l’étranglement, puis la mise en scène et le démembrement
Au fil des journées, l’accusé a livré un récit mêlant larmes, justifications et contradictions, répété depuis son box vitré. Il reconnaît être à l’origine de la mort d’Assia, tout en niant avoir eu l’intention de la tuer. D’après sa version, le 30 janvier 2023, il l’aurait asphyxiée « pour la faire taire », en maintenant une prise et son poids sur elle. Une autre source précise qu’il mesure 1,90 m et pèse 80 kg, et qu’Assia faisait environ 20 kilos de moins.
Les parties civiles et l’accusation contestent la thèse de l’accident et défendent l’idée d’un féminicide, dans un contexte de couple en crise, faisant chambre à part depuis plusieurs mois. À l’audience, des avocates ont insisté sur des éléments laissant penser qu’Assia s’apprêtait à partir : lorsqu’elle a été retrouvée, elle portait un jean et une parka, avec ses clefs dans une poche. Une enveloppe d’argent liquide était dans son sac à main, interprétée comme un signe de préparation au départ. L’accusé, lui, soutient l’avoir habillée après sa mort, disant l’avoir fait parce qu’il avait peur « qu’elle ait froid ».
Un autre point débattu concerne des ecchymoses relevées sur différentes parties du corps (jambes, cuisses, coudes, joue, menton, crâne…). L’accusé affirme n’avoir jamais frappé ni violenté son épouse : « Je ne l’ai pas violentée, je ne l’ai pas frappée, du jour où je l’ai rencontrée à son décès, je n’ai jamais levé un doigt sur elle. »
Sur l’après-coup, les récits décrivent une scène de dissimulation au domicile : l’accusé aurait retourné le corps, l’aurait couvert pour faire croire qu’elle dormait ou était malade, puis l’aurait caché dans une pièce condamnée et encombrée, derrière un rideau. Le corps serait resté là pendant trois jours, tandis que les enfants passaient à proximité. L’accusé insiste par ailleurs sur ses enfants, qu’il cite en boucle, et justifie ses actes par l’idée de les « protéger » et de les « préserver ». Il dit être hanté par le démembrement : « c’est la chose la plus terrible que j’ai pu faire, qui me hante », a-t-il déclaré en s’effondrant à l’audience.
Ce que cela change concrètement pour les Franciliens : parc, ville, et réalité des scènes découvertes par des agents du quotidien
Pour les habitants du 19e arrondissement, le nom des Buttes-Chaumont renvoie à un lieu très fréquenté (promenade, sport, familles) ; l’affaire rappelle que des scènes criminelles peuvent être découvertes par des agents municipaux dans l’exercice ordinaire de leur travail. Le procès remet aussi en lumière le rôle des services de la Ville (jardiniers, maintenance des espaces verts) et la façon dont un parc, d’ordinaire espace de respiration, peut devenir un point central d’une enquête judiciaire.
Pour les Franciliens, la dimension inter-départementale (Paris et Bobigny, en Seine-Saint-Denis) illustre enfin la réalité des investigations en zone dense : plusieurs scènes, des dépôts distincts, et une enquête qui s’étend au-delà du lieu le plus connu médiatiquement.
Infos pratiques : où se tient le procès et ce qu’on sait du calendrier
Le procès se déroule à la cour d’assises de Paris et est annoncé sur sept jours d’audience. Les premiers jours ont été marqués par le rappel des faits, les auditions d’enquêteurs et de témoins de la découverte, puis le récit de l’accusé les mardi 7 et mercredi 8 juillet 2026. À ce stade, la cour a acté qu’aucune photo du corps ne serait diffusée à l’audience, même si des éléments visuels liés aux sacs-poubelle ont été présentés.
À noter une divergence de dénomination dans les sources : l’accusé est nommé « Lakhdar M. » dans certains comptes rendus, et « Lakhdar Matoug » dans un autre. Les faits jugés (meurtre le 30 janvier 2023, démembrement, dépôts aux Buttes-Chaumont et à Bobigny) sont décrits de manière concordante.
Sources
- actu.fr — "C'était de la viande" : ce que raconte le corps démembré d'Assia au procès de l'affaire des Buttes-Chaumont
- actu.fr — "J'étais entre deux mondes" : au procès de la démembrée des Buttes-Chaumont, l'effarant récit du "papa poule" meurtrier
- 20 Minutes Paris — Découper Assia en morceaux, « c’est la chose la plus terrible que j’ai pu faire, qui me hante », s’effondre l’accusé
Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.