Municipales annulées à Étampes : le tribunal invalide le scrutin à six voix près
À Étampes (Essonne), les habitants vont devoir se préparer à retourner aux urnes : le tribunal administratif de Versailles a annulé les élections municipales de mars 2026. En cause, à la fois des irrégularités relevées dans 29 suffrages et des publications sur les réseaux sociaux jugées susceptibles d’avoir influencé un scrutin extrêmement serré, finalement ramené à… six voix d’écart.
Un duel très serré au second tour, désormais effacé
Les opérations électorales des 15 et 22 mars 2026 à Étampes ont été annulées par une décision rendue le lundi 28 septembre 2026. Le scrutin du second tour avait abouti à une victoire de la liste menée par Gilles Bayart (divers) avec 3 719 voix, devant la liste d’union de la gauche conduite par Mathieu Hillaire avec 3 684 voix.
Mathieu Hillaire, tête de liste se revendiquant de La France insoumise (LFI), avait formé un recours. Le tribunal a procédé à un examen détaillé, portant notamment sur les listes d’émargement et les procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote. À l’issue de cet examen, la juridiction estime que 29 suffrages doivent être considérés comme irréguliers et déduits des voix attribuées à la liste arrivée en tête. Résultat : l’écart entre les deux listes n’est plus que de six voix, un niveau de serrage qui pèse lourd dans l’appréciation de la sincérité du vote.
Les réseaux sociaux au cœur de la décision : les messages de Franck Marlin en question
Le tribunal n’a pas uniquement retenu les irrégularités de suffrages. Il s’est aussi penché sur des messages diffusés sur les réseaux sociaux les 20 et 21 mars 2026 par Franck Marlin (LR), maire de la ville pendant 28 ans et ancien député de l’Essonne. Au premier tour, sa liste était arrivée en troisième position (25,87 %), puis il s’était désisté au profit de Gilles Bayart, son ex-adjoint aux finances arrivé en tête.
Dans ces publications, Franck Marlin appelait à s’opposer au parti politique soutenant la liste arrivée en deuxième position, et appelait à voter « contre l’extrême gauche », évoquant un « péril existentiel » pour la ville. Pour le tribunal, ces messages ont eu « un certain écho ». L’une des publications a également été relayée la veille du second tour sur le site internet d’un journal local, alors que le code électoral interdit la publication d’un article de cette nature à ce stade de la campagne.
En tenant compte à la fois du très faible écart (ramené à six voix) et de la teneur/temporalité de ces publications, la juridiction a jugé que l’ensemble avait été de nature à altérer la sincérité du scrutin, justifiant l’annulation.
Ce qui change concrètement pour les habitants d’Étampes
Cette annulation ouvre une période d’incertitude politique locale, avec un calendrier à reconstruire. La décision peut encore être contestée : Gilles Bayart a indiqué qu’il se réservait la possibilité de faire appel devant le Conseil d’État, précisant qu’un délai d’un mois existe pour prendre cette décision. De son côté, Franck Marlin a aussi évoqué l’hypothèse d’un appel, rappelant que le Conseil d’État « restant le maître du temps politique ».
Pour les Étampois, l’enjeu est très concret : en l’absence de stabilisation rapide (notamment si un appel est formé), la vie municipale peut se retrouver ralentie, avec des décisions structurantes potentiellement reportées. Franck Marlin a d’ailleurs estimé que l’annulation réservait à la ville « une période d’instabilité préjudiciable à l’avenir de notre cité et à nos administrés ».
À l’inverse, Mathieu Hillaire a salué « une victoire pour les Étampois et plus largement pour la démocratie locale », affirmant que les habitants pourraient « pouvoir retourner aux urnes sans pression et sans manœuvres », et appelant son adversaire à accepter le jugement.
Repères, chiffres clés et points à surveiller dans les prochaines semaines
Dates concernées : scrutin des 15 et 22 mars 2026, décision d’annulation rendue le 28 septembre 2026.
Écart initial : 3 719 voix contre 3 684.
Votes jugés irréguliers : 29 suffrages retranchés à la liste majoritaire, ramenant l’écart à 6 voix.
Éléments retenus par le tribunal : irrégularités de suffrages + publications sur réseaux sociaux (20 et 21 mars) et reprise la veille du second tour sur un site de journal local, malgré les règles du code électoral.
À suivre : la décision d’un éventuel appel au Conseil d’État par Gilles Bayart (délai annoncé d’un mois). En fonction de ce choix, le tempo d’un nouveau scrutin municipal à Étampes pourrait évoluer.
Sources
- France 3 Paris Île-de-France — Élection municipale annulée : pourquoi le tribunal administratif a invalidé le scrutin dans cette commune ?
- actu.fr — Municipales 2026 : le tribunal administratif de Versailles annule les élections à Étampes
Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.